Immeuble Beaubourg (épisode 3) : s’adapter, réagir vite et trouver des solutions

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La vie d’un chantier est loin d’être toujours un long fleuve tranquille. La mission d’AHRPE consiste alors à proposer rapidement des solutions, tout en minimisant l’impact des imprévus sur le planning comme sur le budget.

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Depuis quelques semaines, nous vous proposons de suivre en temps réel les grandes étapes de la rénovation d’un bel immeuble tertiaire parisien, jusqu’à la livraison clés en main, l’an prochain, des plateaux de bureaux. Le premier volet de cette série présentait les multiples défis du projet, le deuxième nous faisait entrer dans le vif du sujet, avec la phase de démolition de 70 % de l’intérieur du bâtiment, pour ne garder que la façade en briques et les murs extérieurs. Le gros œuvre commence dans ce troisième volet…

Avant d’engager de lourds travaux, la maîtrise d’exécution a, bien sûr, soumis le projet et les plans techniques aux différents organismes chargés d’en valider la conformité. L’un d’eux a émis des réserves sur l’escalier intérieur de l’immeuble, qui devait être coulé dans un large trou prévu lors de la phase de démolition. La largeur d’une seule marche peut, en effet, remettre en cause le choix fait pour tout l’édifice…

Ici, la maîtrise d’œuvre avait imaginé un escalier à volée droite. Mais l’immeuble vieux de plus de cent ans et sa configuration ne facilitent pas le respect de la loi de Blondel – un architecte du XVIIe siècle qui a défini des règles, toujours en vigueur, pour mesurer le confort d’un escalier. « Pour résoudre le problème soulevé, j’ai proposé de passer à un escalier dont l’aspect est différent de celui initialement prévu. La solution consiste à choisir un escalier à fût, c’est-à-dire­ avec un mur au centre de l’escalier, et les marches qui tournent autour », explique David, chargé d’affaires d’AHRPE. En complément, une main courante circulaire viendra limiter l’accès à la marche la plus large (celle qui pose problème, donc), pour conserver un pas de foulée constant et un giron (une profondeur de marche) conforme à la réglementation.

Choisir un escalier préfabriqué s’avère plus raisonnable pour rattraper le temps perdu. Mais il implique de nouveaux calculs et quelques arbitrages importants. L’escalier initial aurait, en effet, pesé une vingtaine de tonnes, avec une charge répartie sur les quatre murs de la cage d’escalier. Un escalier préfabriqué à fût central, lui, pèsera nettement plus lourd, avec une redescente de charge impressionnante sur le fût, qui est autoportant. Le système est en cours d’étude, mais tout porte à croire qu’une solution mixte (combinant « coulé sur place » et préfabriqué) sera adoptée.

Ces changements ont évidemment une incidence sur le planning et soulèvent un nouveau challenge : la partie gros œuvre devra être réalisée en un temps record. Fort heureusement, si le planning du second œuvre (plafonds, cloisons, revêtements…) est lui aussi impacté, l’escalier se situe dans la partie gauche de l’immeuble, qui est en forme de U : tout le L restant, autrement dit tout ce qui est loin de l’escalier, peut donc avancer. « On ne pourra évidemment pas avoir un degré de finition à l’intérieur des plateaux qui va plus vite que le béton, mais on s’occupe des plafonds, du placo, des éléments qui libèrent et qui font déjà avancer », confie David.  

Les équipes de sous-traitants pilotées par AHRPE préparent les plafonds et les murs en plâtre projeté, elles réalisent également les encoffrements de poutres en placoplâtre. « Une fois un plateau libéré en plâtre et placo, les électriciens et la partie CVC (clim, ventilation, chauffage) vont pouvoir intervenir pour envoyer les câbles, les gaines de ventilation… », détaille notre chargé d’affaires. Précisons que le plâtre projeté a deux intérêts. Le premier, c’est la stabilité au feu de la partie structurelle, car sous l’effet de la chaleur, le béton éclate et le métal se déforme ; le plâtre, lui, sans faire de miracles, retarde l’affaiblissement de la structure. Second intérêt de cette technique : si des machines projettent aujourd’hui le plâtre, il est ensuite lissé à la main comme autrefois (les meilleurs ouvriers ont un incroyable coup de main, ce sont de vrais virtuoses !), et le plafond est alors bien plus esthétique.

Puisque l’on parle d’esthétique, précisons que les architectes des bâtiments de France (ABF) ont demandé, pour leur part, une évolution concernant l’harmonie de la future façade : pour résumer, la partie visible des menuiseries extérieures (les fenêtres) proposée par la maîtrise d’œuvre a été jugée un poil trop épaisse et a dû être réduite. Ce qui a impliqué de changer de fournisseur, et donc de refaire toutes les études techniques et les synthèses des menuiseries extérieures.

Autre élément contraignant dont il faudra tenir compte dans les prochains réajustements de planning : au deuxième sous-sol de l’immeuble, un local-transfo appartenant à Enedis alimente le bâtiment et certains avoisinants. Or, de gros câbles électriques empêchent de finir la fosse du futur ascenseur. Rien d’insurmontable, là encore, mais il faudra bien sûr être réactif si le distributeur d’électricité demande des travaux préparatoires avant d’intervenir, par exemple.

Chaque projet apporte ainsi son lot d’imprévus. En tant que chef d’orchestre chargé de piloter la rénovation des chantiers, et donc d’en établir un planning réaliste, AHRPE démontre sa souplesse, son savoir-faire et sa réactivité pour s’adapter aux changements souhaités par le client, les architectes, la maîtrise d’œuvre ou même les bureaux de contrôle.

Notre prochain article mettra en valeur une autre facette du métier d’AHRPE. Il sera consacré à la rénovation de la façade en briques, qui fait l’objet d’une attention toute particulière et nécessitera de véritables prouesses techniques pour redonner son cachet d’origine à l’immeuble centenaire.

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