Enorme travail de restauration d’une façade brique classée

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Situé à proximité du célèbre centre culturel Georges-Pompidou, l’immeuble à rénover est un bâtiment R+7, composé donc d’un rez-de-chaussée et de 7 étages, plus deux sous-sols. Datant de 1900, l’immeuble présente une façade de briques peintes mais abimées par le temps. L’objectif de la rénovation totale de la façade est de redonner aux briques leur belle couleur « léopard », avec des nuances qui vont de l’ocre jaune au marron. Les architectes d’aujourd’hui ont décidé de proposer un bâtiment identique à l’original. Un véritable défi.

Restaurer la façade historique et l’imperméabiliser

Lionel Marchand, Directeur associé d’AHRPE, décrit les multiples défis que soulève ce projet : « Le premier enjeu consiste à redonner son cachet d’origine à cet immeuble centenaire. Il nous faut allier le charme de l’époque à la modernité, grâce à la technicité d’aujourd’hui. La façade comporte des briques ocre alvéolaires assez uniques, qui se faisaient en tout cas très peu à l’époque, c’est pourquoi le maître d’ouvrage veut retrouver ce cachet. Mais le défi n’est pas seulement esthétique. Techniquement, il nous faut aussi garantir les propriétés hydrofuges de la façade, parce que les années ont passé et la brique est de plus en plus poreuse. » Tous ces aspects seront approfondis dans nos prochains articles.

Trouver la bonne technique pour raviver la façade

Mais le véritable défi consiste ici à rénover la vénérable façade de briques alvéolaires, qui au bout de cent ans, hélas, a sérieusement perdu de son étanchéité. « En temps normal, analyse Lionel, la rénovation s’effectue en quelques étapes : le sablage, la réparation ponctuelle des mortiers et de la brique, et une passe d’hydrofuge en deux couches. De plus, c’est la même entreprise qui sable habituellement la façade pour la nettoyer puis qui fait un test pour déterminer une préconisation technique. Cette fois, nous avons procédé autrement, car il fallait gérer d’importants problèmes de porosité et rendre à nouveau hydrofuges les briques. » AHRPE a donc décidé de faire appel à trois fabricants spécialisés, Parex Lanko, Weber et Vega, une société 100 % française, afin de voir lequel trouverait la meilleure solution.

« La façade est si poreuse qu’on est obligé de piocher les briques sur quasiment 50 % de la façade. Comme ce sont des briques alvéolaires, on arrive pour certaines à l’alvéole. D’où la complexité… On doit réenduire la brique, la minéraliser. C’est cette minéralisation qui va durcir la brique et lui redonner un côté non poreux. »

Conserver la couleur « léopard » de la brique

De plus, poursuit Lionel Marchand, « on vient rajouter de la matière avec une pigmentation pour se rapprocher au maximum de la couleur, ce qui n’est pas évident car la brique est couleur léopard : la même brique passe d’un ocre très jaune à un ocre marron. C’est assez compliqué de faire un pigment uni, il faut faire de petits badigeons pour conserver une uniformité visuelle sur tout le bâtiment ».

L’entreprise Vega a réalisé de nombreux tests avant de parvenir à un résultat concluant, qui va lui permettre de préciser sa préconisation et s’engager. La minéralisation donne de bons résultats, les enduits aussi, et les nombreuses batteries de tests ont permis de s’assurer de l’hydrofugivité : les briques ne laissent plus passer l’eau. Une belle prouesse pour Vega, qui démontre ici un véritable savoir-faire, car le défi était de taille.

« AHRPE tenait à trouver des fournisseurs qui avaient vraiment envie de travailler sur ce type de bâtiments. Des entreprises qui se distinguent, qui vont prendre le temps, faire des tests. C’est de l’investissement financier et de l’investissement en temps. Mais ces entreprises sont là pour la même chose que nous : atteindre l’objectif. Un an après sa réalisation, nous sommes heureux de voir que les efforts ont porté leurs fruits », conclut Lionel Marchand.

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